Contre la tempête du progrès pour une insurrection pacifique

Ça se passe aujourd'hui

Le 15 décembre 2017

Bel et indispensable ouvrage de pollinisation
© Photo : Jacques Solomiac

Editorial 13 mars 2016

Fukushima, cinq ans après

La chaine de télévision NHK, dans sa version internationale, passe en boucle les hommages aux victimes du 11 mars 2011 et montre les incohérences de la gestion des conséquences de cette catastrophe qui est toujours d’une grande actualité.

Ailleurs dans le monde rien ne vient ébranler la foi indéfectible que nos dirigeant vouent au nucléaire et l’assurance effronté dans la sécurité de nos installations qui pourtant commencent à vieillir. Liste des centrales françaises.

La catastrophe de Fukushima est-elle vraiment terminée ?

Cinq ans après, les fuites radioactives continuent, les autorités médicales constatent avec effroi que le bilan humain de cet accident ne cesse de s’alourdir. Probablement 32 millions de Japonais ont été exposés à des retombées d’iode 131.

Combien de morts ?

Plus de 18 000 personnes ont perdu la vie dans le tsunami qui a ravagé la région de TÅ hoku, dans le nord-est du Japon. Mais le nombre de décès liés à l’irradiation de cette zone reste indéterminé à ce jour. Les statistiques du ministère de la Santé japonais évoquent, pour l’heure, le chiffre de 1 700 cancers mortels directement liés à la catastrophe nucléaire. Un chiffre "sous-estimé", à en croire plusieurs ONG, car cette province est peuplée de 9 millions d’habitants.

Situation maîtrisée ?

Pas du tout. Chaque jour, 400 tonnes d’eau contaminée s’écoulent dans l’océan. Des pluies torrentielles balaient les matériaux radioactifs encore présents sur le site pour les déverser dans la mer. 814 782 tonnes d’eau contaminées sont stockées dans plus d’un millier de citernes et chaque mois, de nouvelles citernes sont mises en place. Les 7 000 travailleurs de la centrale accomplissent chaque jour des taches dangereuses. Ces ouvriers qui prennent leur travail à cœur ont résolu jusqu’ici bon nombre de problèmes, mais certains problèmes continuent à mettre en difficulté les responsables et les équipes de nettoyage. Nul ne peut s’approcher des réacteurs 1, 2 et 3 en raison de l’intensité des radiations et il n’y a pas de solution scientifique à attendre pendant au moins 40 ans. Malheureusement, on ne peut pas exclure de nouvelles perturbations à venir : la probabilité d’un nouveau séisme important n’est pas nulle.

Quelles leçons tirer de la situation ?

Il est impossible de contrôler la situation à Fukushima, comme il serait impossible de maitriser un problème grave en France ou ailleurs.
Que faire des terres polluées ? De l’eau ? Comment prendre le contrôle d’un réacteur en fusion ?
"Tepcofait son mea culpa. Cinq ans après la catastrophe de Fukushima, l’opérateur de la centrale a avoué, mercredi 24 février, avoir minimisé la gravité de l’état des réacteurs en ne reconnaissant pas aussi rapidement que possible le fait que trois d’entre eux étaient en fusion.
"Nous nous excusons profondément pour avoir affirmé, par erreur, que rien ne permettait de déterminer qu’une fusion du cœur de réacteur était en cours", a déclaré Tepco lors d’une conférence de presse et dans un communiqué.

Accélérer le passage à plus d’énergie renouvelable serait une solution mais les vrais interlocuteurs trainent les pieds au point de se prendre les pieds dans le tapis des EPR qui n’en finissent pas d’engloutir des milliards et refusent obstinément de fonctionner.