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Le 15 décembre 2017

Météo 12 octobre 2006

« Il manque l’équivalent d’une année de pluie »

Si en ce mois d’octobre 2006 les prairies ont reverdi le cumul des précipitations sur 5 ans n’a jamais été aussi bas depuis 1976. Météo France fait un constat alarmant.

« On est toujours en manque d’eau. Nous n’avons pas eu les précipitations attendues », constate Jacques Cartiaux, directeur de Météo-France-Tarn à Albi. Pour 2006, le déficit est de 30 % en plaine et de 23 % à Montredon-Labessonnié dans la montagne tarnaise.
Pour prendre « plus de recul et avoir une vision globale », le centre météorologique a établi un cumul « glissant » sur cinq années. La courbe de mesure obtenue est inquiétante. Avec sur l’Albigeois 3009,6 mm au 22 juillet 2006 (équivalent à la quantité de pluie cumulée depuis le 22 juillet 2001), c’est le chiffre le plus bas enregistré depuis 1976, date des premières mesures. Normalement, le Tarn reçoit en moyenne en cinq ans 3 740 mm de hauteur d’eau (ou 3,74 m). « Il manque l’équivalent d’une année de pluie. Une donnée abrupte, mais qui fixe les idées », dit Jacques Cartiaux. On est loin du maximum enregistré le 23 février 1997, avec 4 638 mm. Avant 1991, on était déjà en dessous de la moyenne, mais pas dans les mêmes proportions… Le souhait de Jacques Cartiaux : « Il faudrait qu’il pleuve tous les jours jusqu’à Noà« l ! »
Un phénoméne inquiétant« C’est nécessaire pour réalimenter les barrages et les réserves en eau du sol », confirme Marc Massette. Pour le chef du service eau et environnement à la direction départemental de l’agriculture et de la forêt (DDAF) à Albi, « 700 mm d’eau en moins, c’est colossal. Ce déficit est déploré surtout depuis 2003. Sur les rivières importantes (Tarn, Dadou, Agout), il est un peu masqué par les retenues, qui contribuent au soutien d’étiage. Le phénomène est flagrant sur le chevelu constitué par les petits cours d’eau , en rupture d’écoulement de plus en plus tôt l’été. Sur le Tescou, l’Agros, l’Assou, le Bagas, le Bernazobre, nous avons dû imposer des restrictions de pompage trois semaines plus tôt qu’en 2005. »